3 De la croyance à la CONSCIENCE

Du corps-émotion à  l’intelligence du cœur,  De la croyance à la Conscience

Résumé  de mon mémoire de fin d’études :

Le Dr Jean Pierre Hubert a adressé un message aux personnes ayant réussi les examens ; il nous a dit plus ou moins :
« Vous avez réussi vos examens, vous avez acquis les connaissances nécessaires pour exercer une nouvelle profession, maintenant…oubliez-les !  Oubliez les connaissances ! Allez chercher dans l’intuition ! Cette intuition, vous l’avez déjà compris, est le sens de la Conscience, et développer cette Conscience est le but premier  de la Sophrologie… »

Mon travail, « du corps-émotion à  l’intelligence du cœur,  De la croyance à la Conscience », essaie déjà dans son titre de refléter ce qu’est ma pratique, et ce que signifient ces mots qui sont sans doute pour moi un concentré de Sens : corps, émotion, intelligence, cœur, croyance et conscience : la Sophrologie, telle que je la conçois, une Sophrologie analytique, la Sophrologie de mon école.
Sophrologie impliquée fortement dans le corps (RDI),  dans l’émotion (RDII), et l’intuition : l’intelligence du cœur (RDIII), l’état sophronique ou Imaginal, nous rapproche de l’être de Sens et de transcendance que l’on est sensé devenir.
De la Croyance à la Conscience, parce que je pars de cette évidence du carcan de la « croyance»  (fatalité) qui nous limite le plus souvent, qui parfois nous approche même de la conscience pathologique et nous plonge souvent dans la maladie physique avec ses symptômes si parlants.
« […] La fatalité triomphe dès qu’on croit en elle. »  Simone de Beauvoir
Comme le disait Jung, le cheminement vers la Conscience  nous sort du « destin » (la croyance fatalité) grâce à l’analyse, la quête de l’étiologie de la pathologie. Se libérer (en libérant le corps en premier) pour marcher librement vers la Conscience.

« Et par le pouvoir d’un mot , Je recommence ma vie

Je suis né pour te connaître,  Pour te nommer Liberté. »

Paul Eluard

Chapitre I La Maison :

Notre corps : La maison (le soma) que nous sommes a tout pour bien fonctionner ; elle est en puissance un lieu d’alchimie, d’échanges, de rencontres, de repos et aussi d’épanouissement, de joie, de jeux, d’insouciance, de réconfort et de sécurité.
Mais elle n’en est pas moins un lieu d’introspection, de profondeur, de questionnement et bien sûr, de remise en question et de doutes.
Notre maison a un maître (la psyché), chacun d’entre nous a la gérance de la distribution des ressources et du bon fonctionnement du lieu.
Tout dépend de l’état de ce maître.
Si les croyances négatives sur lui–même et son environnement sont plus importantes que les positives, ma phrase préférée de Jung prend tout son sens : « Ce qui ne parvient pas à la Conscience revient sous la forme du destin », et les situations négatives vont se succéder, les maladies apparaître et ceux qui n’auront pas encore compris la cause se demanderont abattus pourquoi cela tombe encore une fois sur eux, et ils se diront que « c’est le destin, la fatalité ! ».
Jung a dit aussi que la maladie venait à nous pour nous guérir et c’est exactement ça. Le symptôme est l’ultime remède qu’on a pour comprendre la cause qui l’a provoqué, le moyen de nous amener à l’écoute de nous-mêmes et de nos ressentis. Notre corps est le révélateur, le moyen d’expression devant le refoulement inconscient ; notre cerveau réagit toujours dans le sens de la survie et essaie de trouver « la solution » pour nous maintenir en vie le plus longtemps possible.
En nous débarrassant au mieux d’un stress permanent (qui, nous le savons est toujours une menace sérieuse), il nous « protège ». Autrement dit : si je suis en permanence en train d’angoisser devant la possibilité de me casser une jambe, parce que je me la suis déjà cassée et que ça s’était très mal passé, ou, par exemple, parce que ma mère a eu cette mauvaise expérience et qu’elle m’a toujours répété de « bien faire attention à ne pas me casser la jambe », mon système de survie va enfin trouver la meilleure solution : me casser la jambe (enfin le stress peut céder !).
« Le coup d’état du christianisme, c’est d’avoir installé la fatalité dans l’homme. De l’avoir fondée sur notre nature. » André Malraux
Le corps est le terrain de travail du cerveau, et les conflits enregistrés dans le cerveau émotionnel se font l’écho des conflits de survie archaïques. Devant ce qu’on ne peut pas « avaler », ou « éliminer », ou « sentir », ou devant la perte de « notre territoire » …tout ressenti est interprété comme une situation physiologique d’urgence à résoudre, et notre corps organise une stratégie pour le prolongement de la vie : le symptôme ; la maladie est déclenchée et notre organisme rentre dans la résolution du conflit, une résolution non consciente mais néanmoins efficace. Pour désamorcer le système, il suffirait de « comprendre », d’être conscients de ce qui se passe dans notre psyché et de faire le nécessaire pour y remédier, en un mot, agir, en contrant l’inhibition de l’action.

Chapitre II  La  Sophrologie :

Chemin de chemins entre le comportemental, la bio-dynamie et l’analyse. Un lien entre les Neurosciences et la philosophie orientale.
Je crois que la société actuelle cherche de plus en plus à cloisonner et spécialiser le savoir en excluant l’art et la manière de ceux qui peuvent ouvrir des voies nouvelles avec un regard différent, libres de toute appartenance académique.
A mon sens, la spécialisation excessive tue l’intuition et annihile la capacité cohérente dans la réaction…
Au contraire, la Sophrologie est un carrefour de voies, et ma propre expérience de vie n’est encore que la goutte qui vient enrichir cet océan de « forces ».
«  La goutte dans la mer peut parfois savoir qu’elle est dans la mer,
mais elle sait rarement que la mer est aussi en elle » K. G. Dürckeim
La Sophrologie nous aide à comprendre que la mer est en chacun de nous et notre apport est nécessaire et unique pour le Tout.
Sos veut dire sain, intact mais aussi sûr et certain.
En grec ancien Sos représente un état sain de l’esprit et du cœur avec une idée de sagesse et de modération.
Phren est le diaphragme proprement dit, il est le siège des émotions et des sensations physiques,  il est aussi le support de la respiration.
Logos est la science et également le discours.
Le Dr. Jean Pierre Hubert définit ainsi la Sophrologie :
« La Sophrologie est une science, un art thérapeutique et une philosophie. C’est une science qui a pour objet l’étude de la conscience humaine et de ses modifications par des moyens physiques, chimiques et psychologiques. La Sophrologie permet de développer la créativité et l’intuition. Elle s’applique aux états et aux niveaux de conscience. Les techniques de la Sophrologie sont très précises et exigent de la part du thérapeute, du pédagogue et de l’analyste une formation de qualité scientifique. »

Chapitre III « Chacun a son propre chemin » :

Les trois voies et les trois principes fondamentaux de la Sophrologie
a)    Les trois Voies  :
–    La voie comportementale et l’action positive sur la conscience, qui agit sur l’ensemble de l’être.
–    La Voie de la Bio-dynamie et le corps comme réalité vécue
–    L’Analyse, l’écoute qui mène vers la conscience, vers l’intégration du Soi dans la Conscience collective. L’être réunifié en osmose avec l’univers. La Sophrologie est une philosophie de vie.

b)    Les trois Principes Fondamentaux:
–    Le corps comme réalité vécue.
–    L’action positive
–    La réalité objective
La conscience du sophrologue dans les trois Voies : l’Intuition

Chapitre IV  La  TGA :

Mélange de cognitif-comportemental, bio-énergie et analyse. Prise de Conscience qui implique les sensations corporelles, les ressentis et la compréhension immédiate d’un conflit, traumatisme etc…, un recul qui fait trouver le regard juste et cohérent qui mène à l’intelligence du cœur.
En aucun cas ce que j’avance dans ce chapitre  n’est prouvé de façon scientifique ; ce sont mes observations répétées et la constatation de résultats qui m’ont, petit à petit, amenée à faire certains liens et à me forger une conviction. Et c’est cette conviction qui est l’une des deux composantes essentielles pour mener à bon port une thérapie.
Voici ces deux composantes :
•    l’importance de la conviction du thérapeute, du bien fondé de la méthode qu’il applique dans sa relation avec son patient.
•    l’importance définitive dans le processus de guérison du TRANSFERT, l’outil, qui, je le crois, est la clef.
(Le Dr Simonton était  aussi convaincu  que le médecin qui croit à la guérison de son patient et qui peut arriver à le communiquer obtient plus de résultat que le confrère qui n’y croit pas.)
La Thérapie Globale Active, ma conception de la thérapie :
J’ajoute ma voix aux Voies, c’est peu de chose, mais seule la multitude de regards, avec ses points de vue si divergents peut donner une vision plus globale à une situation ; alors, malgré l’humilité de la mienne, elle a aussi sa place.
La TGA est la méthode que j’ai mise au point pour venir à bout d’un large éventail de pathologies émotionnelles et psychogéniques.
L’émotion et le corps sont le chemin le plus direct pour créer de nouvelles connexions neuronales, qui vont aider notre cerveau (très plastique) à « désapprendre », à sortir des comportements et symptômes (physiques et psychologiques), des schémas pathologiques répétitifs.
Sources à la base de la TGA :
•    La sophrologie analytique de l’Ecole Française de Sophrologie du Dr Jean-Pierre Hubert.
•    La Bioénergie du docteur Alexander Lowen
•    La Psychologie des profondeurs de Carl Gustav Jung
En utilisant la symbolique des rêves et son Processus d’Individuation.
•    La stimulation sensorielle : (E.M.D.R., méthode DESCOPEM, I.M.O., Dé.Mé.Lés…)- spécificité : la stimulation auditive et l’odorat (goût)
Fonctionnement de la TGA
Dans le cas d’un vécu traumatique ou de vécus traumatiques répétés, même vécus dans l’étape primale (première année de la vie), le cerveau adapte ses réactions pour assurer la survie de l’individu : comportements pathologiques, tocs (troubles obsessionnels compulsifs), phobies, angoisses, dépression… viennent alors au secours de la personne.
Le cerveau émotionnel, ou système limbique, s’adapte et s’organise : l’événement et le ressenti provoquent un apprentissage, l’acquisition d’un modèle de comportement adapté à l’évitement d’une nouvelle situation « d’urgence ».
La répétition de ce modèle empêche d’acquérir de nouvelles capacités, plus adaptées au présent, aux choix libres du sujet et à ses besoins réels. C’est un cercle vicieux.
Avec les anamnèses, l’analyse et les rêves, nous allons dénicher certaines de ces cibles, pour, grâce à l’actualisation de la scène, (en introspection), et à une stimulation sensorielle alternée, qui sera toujours différente de la sensorialité originale, trouver des ressources ou des détails qui ne sont pas retenus dans le choc traumatique et qui vont changer le sens du vécu ou lui donner un sens.
Cela se fait en stimulant le néocortex temporal (sens) pour que le paléocortex (émotion) puisse revivre la situation traumatique sans censure, séparer la raison (néocortex préfrontal) du ressenti (paléocortex ou système limbique) grâce à la stimulation sensorielle (qui, elle, dépend du néocortex temporal).
Cette « distraction » du néocortex (la raison) donne le recul nécessaire à notre corps et notre émotionnel, pour regarder la situation négative  d’un angle différent, grâce aux ressources du présent, au transfert du thérapeute et à l’apprentissage préalable des techniques sophroniques. Le sujet, en état sophroliminal, induit par la stimulation sensorielle, transformera son vécu, si la scène traumatique ne permet pas, en soi, de trouver quoi que ce soit de positif.
Nous pouvons enfin intégrer cette scène dans notre compréhension d’une façon globale et différente grâce aux ressources présentes en nous tous, mais qui étaient neutralisées par la croyance négative de survie.
Elles viennent modifier le ressenti d’origine, avec une réaction expressive appropriée (bioénergie : des coups sur un coussin et des cris).
Ces ressources défont le nœud émotionnel (système limbique) qui va s’intégrer dans le néocortex préfrontal comme une information ordinaire, donc absente d’affects négatifs.
Alors nous devenons libres de nos choix actuels, adaptés à la situation présente et pas dans un fonctionnement  pathologique automatique de défense et de survie. De plus, la personne va revivre la scène en intégrant ce qu’elle a découvert aujourd’hui, et cela transforme l’idée négative que souvent, elle se faisait d’elle-même.
Nous pouvons changer le passé, parce que nous pouvons changer les effets de ce passé traumatique dans notre cerveau, au présent, ici et maintenant, grâce à sa plasticité.
Notre système de références et l’organisation de notre cerveau changent en éliminant le conditionnement (la cause) qui menaçait la survie.
Notre cerveau, après la thérapie, a désappris un comportement ou un symptôme, qui, dans le passé, était adapté et qui n’est plus actuel.
Notre cerveau, peut maintenant apprendre une nouvelle façon d’agir, de faire : d’un côté la conscience de notre comportement (pathologie ancienne) et le pourquoi de ce comportement, et de l’autre côté, grâce à la sophrologie, l’acquisition de nouvelles compétences qui amènent à une nouvelle réalité, plus positive et intéressante pour l’individu.
Enfin tout ce passe comme si quand on mettait KO le néocortex avec la stimulation sensorielle, la situation douloureuse revenait au présent. Le refoulement terminé ou les symptômes « protecteurs » écartés, nous allons plonger directement dans l’émotion, c’est-à-dire le ressenti corporel.
Avec un avantage, nous allons le vivre à deux, avec un transfert positif, avec le recul et la « réalité » du thérapeute qui dûment analysé a su faire lui-même ce plongeon dans son propre inconscient et en est sorti indemne et « recentré ».
Grâce donc à ce transfert le sujet n’est pas seul dans son revécu (une des conditions pour le trauma : la solitude) et une espèce de distance, de vision globale apparaissent.
Et petit à petit, la peur, la culpabilité, la colère, l’humiliation… commencent à être moins fortes, les émotions moins présentes, le corps soulagé, un sentiment de détachement et de libération apparaissent, souvent une grande fatigue, comme s’il venait de parcourir une immense distance, mais pour tous, c’est une fatigue agréable, libératrice.
Je remarque aussi l’étonnement des patients devant leur incapacité à retrouver les sensations et  les émotions de quelques minutes auparavant. Tout se passe comme si le passé n’avait jamais existé, comme si leur souvenir était celui de quelqu’un d’autre, et c’est bien ça !
C’était le souvenir de quelqu’un qui n’est plus là aujourd’hui, un enfant devenu adulte, ou un adulte qui comprend que le passé est bel et bien fini. Il a retrouvé et ressenti ses ressources profondes et a vécu la scène avec un recul global, en étant actif, et non plus en subissant passivement, ce qui change définitivement sa compréhension et ses ressentis émotionnels, laissant place à un présent libéré et à une confiance toute neuve.
Mon expérience m’a montré que ces résultats durent dans le temps, l’ensemble de la personnalité du sujet évolue positivement ;  même dans des nouvelles situations de crise, son comportement tend à une appréciation différente de ses possibilités de réaction et d’action, bien plus libéré des croyances interpersonnelles qu’il subissait inconsciemment.
Je voudrais remercier les pionniers, chercheurs et penseurs, pour leur quête  et leur intuition. Ils vont permettre aux générations futures une ouverture de la Conscience, une compréhension de l’humain qui, sans eux,  n’aurait  jamais  été possible.
Un précurseur, c’est celui qui vit dans le présent, ici et maintenant.

Merci à SIGMUND FREUD pour son « Inconscient »,  Merci à WILHEM REICH pour avoir établi le lien entre la psychologie et la physiologie, sa Végétothérapie,  Merci à ALEXANDER LOWEN pour sa Bioénergie,  Merci à Hans SELYE : Il définissait le stress comme une réponse non spécifique du corps à une agression.  Merci à Norman COUSINS et la biologie de l’espoir,  Merci au Dr Michel MOIROT médecin français qui s’occupe depuis 1949 de médecine et de recherches psychosomatiques et l’origine psychique du cancer. Il affirme que : « Toutes les maladies organiques acquises au cours du déroulement de la vie de l’individu dans le monde ambiant, à part les intoxications et certains accidents, sont psychosomatiques ».  Merci au Dr Carl SIMONTON et la visualisation /relaxation. Radiothérapeute cancérologue, il explique au début des années 1970 que la guérison dépend beaucoup, et même essentiellement, du traitement offert par la médecine, mais que, l’être humain étant fait de chair et d’esprit, il est nécessaire de tenir compte du psychisme du patient.  Merci à Henri LABORIT : Au début de la décennie 1970, il découvre que les désordres somatiques liés à l’agression psycho-sociale sont provoqués par un état d’inhibition de l’action. Exemple : les rats de laboratoire et l’inhibition de l’action après décharge électrique.  Merci au Dr  Ryke Geerd HAMER  et sa cartographie des conflits. Ce médecin allemand découvre en 1979 que son cancer testiculaire a suivi le choc de l’assassinat inattendu de son fils Dirk, alors âgé de dix-neuf ans.
Merci DR HUBERT pour ta SOPHRO-BIO-ANALYSE et pour ton soutien et  ton exemple si précieux pour moi.
Merci à tous ceux qui ont nourri et nourriront mes lectures. Ils sont là à mes côtés pour me faire réfléchir et me guider avec leur savoir et leur intuition.
Et enfin, merci à tous mes patients, mes maîtres au quotidien !

Chapitre V : « Sophrologie et évolution vers l’intelligence intuitive du cœur »

L’activation intrasophronique dans le niveau sophro-liminal, et l’état modifié de conscience qui en découle,  sont un très bon moyen pour arriver à l’intelligence intuitive du cœur.
« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »
Antoine de Saint-Exupéry
La pratique régulière de l’état modifié de Conscience, la pratique dans le niveau sophroliminal va constituer le travail de fond pour le processus de guérison.
Avec la Sophrologie, rien qu’avec la SDB, nous allons tendre vers la cohérence du cœur, mettre en phase, enfin, nos actions et nos décisions avec nos émotions cohérentes. Être à « l’écoute de notre cœur », libérés de toute croyance extérieure, enfin libres et capables, enfin nous-mêmes.
Grâce à la décontraction musculaire et la respiration consciente nous allons arriver au niveau sophroliminal, et c’est à ce moment-là que l’activation intrasophronique aura lieu ; des mots, des « codes » qui font partie de notre bagage culturel et qui nous renvoient à des ressentis physiques.
« La réalité » et « l’imaginaire » produisent la même activité électrique, la réponse cérébrale identique : si je suis connectée à un IRM et que la personne qui regarde le moniteur observe une activité électrique spécifique quand je lève le bras droit, il ne pourrait pas voir la différence si par la suite, en réponse à la demande de le soulever à nouveau, je ne fais que l’imaginer en prenant soin de ressentir les sensations corporelles. Nous voyons ici la connexion de la Sophrologie  avec la voie scientifique, avec la Neurophysiologie. Si je m’imagine serein, épanoui, accompli, je suis en train de créer les capacités nécessaires dans mon cerveau pour recréer cette perception dans le monde de la réalité.
« Il nous faut peu de mots pour exprimer l’essentiel; il nous faut tous les mots pour le rendre réel. » Eugène Grindel, dit Paul Eluard.
En évoquant des scènes positives et souvent dans la nature plus précisément, nous allons chercher à réveiller des ressentis au niveau corporel. De cette simple façon nous allons accéder au moyen de communication du système limbique ou cerveau émotionnel : le Corps.
Nous voici en train de ressentir, grâce à l’imaginaire qui est activé par le terpnos-logos, l’écorce de l’arbre sous nos doigts, d’entendre le bruissement des feuilles sous nos pas, la fraicheur de l’air sur notre peau…
De cette façon simple, notre cerveau émotionnel se donne un bain de « bien-être » en se connectant au corps et à ses sensations agréables.
Le terpnos-logos sophrologique va en plus utiliser le langage symbolique.
Ce langage est le langage de l’inconscient, selon la théorie de C.G.Jung.
Les archétypes sont des symboles universels qui nous renvoient d’une façon inconsciente aux contenus universels de la CONSCIENCE.
C’est pourquoi, en sophrologie, quand nous utilisons le langage symbolique (l’arbre, la mer, le soleil, la sphère bleue etc.) et le langage des rêves, dans nos protocoles, nous sommes en train de rétablir quelque chose de fondamental et déterminant pour notre « intelligence du cœur », pour ce retour au sens même de notre existence.
« Que l’importance soit dans ton regard, non dans la chose regardée. » André Gide.
C’est le Néocortex qui est en action, c’est  le siège du langage, base de la pensée abstraite qui traite la création imaginale et l’idée symbolique.
Vivre une expérience sophro-liminale (avec un langage imaginaire et symbolique), à l’unisson d’une expérience corporelle sensorielle agréable, ne peut que nous faire sortir petit à petit des mémoires traumatiques ; casser des schémas appris par notre émotionnel, pour trouver une solution unique, originale et créatrice, grâce à la plasticité extraordinaire de notre Néocortex et de l’accès à ces ressources par notre cœur.
Cet entrainement est le soutien qui va nous permettre d’agir en profondeur dans l’analyse sans risque de déstructuration.
Ce processus d’individuation est le résultat d’une analyse réussie, d’un travail qui nous ramène à l’essentiel sans pour autant oublier toutes les facettes de nous-mêmes qui sont aussi tellement importantes ; c’est un processus de reconnaissance de toutes ces parties et d’unification dans une structure psychique et biologique unique, le SOI.
Le fœtus, depuis le 4ème mois de grossesse, dispose déjà d’un système limbique en état de marche ; le jeune enfant va continuer à « fonctionner » d’une façon prioritaire avec ce cerveau émotionnel jusqu’à l’âge de deux ans, jusqu’au langage et au stade du miroir. Cet enfant est pendant tout ce temps donc, balloté constamment par les émotions, il construit ses apprentissages et réagit en fonction des « informations » émotionnelles qui arrivent jusqu’à lui.
Il utilise toute cette information pour optimiser sa survie ; il sait que s’il n’est pas aimé, il ne pourra pas survivre tout seul, il ne le sait pas d’une façon rationnelle, mais grâce à son cerveau reptilien. Il scrute alors le regard de sa mère pour déceler tous les signes d’amour ou de colère, toutes les expressions émotionnelles qui lui donneront l’information nécessaire pour « corriger » son comportement, pour avoir la garantie « d’être aimé » et donc de survivre. Voilà ce petit être qui se sent le centre de l’univers et qui croit qu’il est à l’origine de tout ce qui est autour de lui et que tout ce qui est autour de lui est là pour lui.
Cette adaptation à la survie va avoir des conséquences sur le Moi, il va envoyer certains « composants » vers l’inconscient (l’Ombre) et va de ce fait affaiblir sa personnalité, le Moi.
Quand le langage arrive, une nouvelle facette apparait : le rôle social, (la Persona) et notre petit d’homme, lui, court un risque là aussi. Il a perdu de l’essence dans son Moi et s’identifie plus qu’il ne le faut à ce rôle, s’imaginer peut-être que cette partie essentielle de lui, c’est LUI. S’identifier au : gentil, obéissant, bon étudiant, etc. (s’il est bien dans ce milieu qui l’a « aimé ») ou en révolte s’il a grandi seul ou « pas aimé ». Dans tous les cas, il cherchera à avoir un rôle, il cherchera à « exister » et s’il ne peut pas réveiller dans l’autre « l’amour », il voudra réveiller la peur, la haine,
etc., parce qu’il sait que garantir sa « survie » d’individu social, dans la Persona, passe par le fait de produire une émotion dans l’Autre ; il sait que l’indifférence ne lui donnera pas la place convoitée.
Dans le monde, où nous nous sommes identifiés à la Persona, il n’y a pas une bonne place  pour tout le monde !
La thérapie va aussi consister à récupérer ces « composants » que nous avons refoulés vers l’Ombre étant petits.
Je demande souvent à mes clients quelle est la chose qui leur ferait le plus de peur s’ils devaient entrer dans une forêt immense, immense, presque sans fin, une forêt sombre et inconnue qui serait devant eux. Chacun a sa propre peur : « d’y entrer seul », « de me perdre»,  « des animaux sauvages » etc.
Ces réponses me parlent déjà des refoulements et donc de comment ce premier temps de vie a façonné leur personnalité.
Cette approche de l’inconscient est très imagée et très parlante pour eux.
Je leur explique que quand le Moi récupère ses moyens refoulés, il a sans doute moins besoin de se « surprotéger » de l’Ombre, parce qu’il devient le propriétaire de cette « forêt », qu’il aime et respecte comme son patrimoine, son héritage. Et il a des « cartes », « une boussole », « des torches » etc. et donc, il peut y aller quand il aura besoin de récupérer des « ressources » pour son existence, cette « forêt » étant le réservoir de celles-ci.
Comme il connait les « habitants » de sa forêt il n’ira pas piétiner le territoire « des loups et des ours », il reconnaitra les signes, il verra « les empreintes » pour les éviter et les respecter ; de leur côté, « les loups », comme leur territoire sera respecté par « le Moi propriétaire », auront tout ce qui est nécessaire à leur survie et n’iront jamais dans la vallée, dans le village (les pulsions non sublimées et dangereuses pour la survie psychique).
Avec le Moi fort, l’Ombre est une force et la Persona reprend sa place, importante, de socialisation de l’individu, de concrétisation dans sa fonction sociale.
A l’opposé, dans cet inconscient personnel, nous avons notre Animus-Anima.
Prendre en considération notre Animus-Anima, le reconnaitre et l’intégrer à la Conscience, démystifié, c’est aussi l’objectif pour arriver à l’intelligence du cœur : Le SOI.
Savoir que cet Animus-Anima fait partie de mes capacités inconscientes  ne peut que me délivrer dans mes relations avec l’autre (homme ou femme).
C’est comprendre l’inextricable force qui nous rend, malgré des distinctions sexuelles, complémentaires (conscient-inconscient, inconscient-conscient) et égaux. Donc capables à nous seuls de nous développer pleinement :
Être SOI, à notre place, entre le conscient collectif de notre culture et l’inconscient collectif de l’humanité.
Trouver notre Sens, Le Sens, c’est trouver notre cœur. L’intelligence Intuitive du cœur.

« Lorsqu’on ne peut modifier une situation – la mort par exemple – on n’a pas d’autre choix que de se transformer. On peut trouver un sens à la vie même à travers la souffrance si celle-ci est inévitable ; si elle n’est pas inévitable, la souffrance, il faut éliminer sa cause, qu’elle soit psychologique, biologique ou politique ; accepter de souffrir inutilement est du masochisme »
« La joie et la tristesse font partie de la vie »  Viktor E Frankl.

Les yeux bien ouverts
Un disciple demanda à son maître :
– Maître, comment parvenir à l’illumination?
– C’est très simple, répondit le maître. Pour y parvenir, il te faut faire exactement ce que tu fais chaque matin pour que le soleil se lève.
– ?!… »
Perplexe, le disciple se gratta la tête, se demandant ce qu’il pouvait bien faire afin que le soleil se lève. Après mûre réflexion, il en arriva à la conclusion qu’au  fond, il ne faisait strictement rien.
– «Mais alors, à quoi bon étudier la calligraphie, le karaté, le kendo, le tir à l’arc,  l’agencement floral, la fabrication de bonsaïs, etc., demande-t-il au maître. A quoi cela sert-il ? »
– « C’est précisément pour que, lorsque le soleil se lève, tu aies vraiment les yeux bien ouverts. » Alexandro Jodorowsky

le lever du jour de Maurice Ravel

Quand la Conscience est en nous, elle n’est pas là pour nous surveiller, ni pour nous juger, ni bien sûr pour nous condamner, elle s’installe pour nous accompagner, nous soutenir et éclairer le chemin… vers notre cœur.

Ana Andueza.

Bilingüe español-francés

Sophrothérapie-Sophranalyse-T.G.A.-Musicothérapie